27 mai 2011

DSK : à quoi malheur est bon …


Sans les événements des ces dernières semaines et les dévoilements qui s'ensuivirent, tout aurait été dans le meilleur des mondes socialistes possibles …

DSK était le champion du Parti Socialiste. Le meilleur, le plus qualifié, le plus apte à offrir au "Peuple de Gauche" le Président qu'il attend depuis feu François Mitterand.


Se présentait-il comme une formation de combat politique dont toutes les forces, toutes les stratégies sont tendues vers le but ultime de placer l'un des siens à la magistrature "suprême", quelque soit son histoire personnelle …

Ou bien s'affirmait-il comme un parti de gauche, soucieux d'apporter des solutions du justice sociale tout en s'efforçant de gérer au mieux le intérêts du pays dans une économie mondialisée ?

Bien sûr, dans l'une ou l'autre des postures, DSK semblait un excellent candidat. N'énumérons pas ses talents, ils sont réels et indiscutés.

Ce qui gêne beaucoup plus, maintenant que nous avons des précisions irréfutables sur son train de vie, plus proche de celui des jet-setters que celui du cadre moyen chez Renault, c'est comment un parti de gauche peut soutenir une personnalité aussi peu familière du quotidien de Français ?

Le Parti Socialiste faisait-il un complexe face au Président Sarkozy et sa connivence avérée avec les puissances d'argent ? Un Fouquet's bis ou une croisière Bolloré bis auraient-elles séduit les électeurs de gauche au point d'arracher la victoire ?

Sans prétendre, comme Marx, que "la conscience de l'homme est déterminée par sa place dans les rapports de production", on peut douter que le candidat DSK ait été à même d'apprécier à leur vrai mesure certains problèmes triviaux du quotidien des Français.

Bien entendu, sa connaissance des mécanismes de la finance mondiale était un précieux atout. DSK aurait pu être un excellent ministre des finances.

Mais la certitude se fait chaque jour plus évidente que le modèle économique dominant, incontrôlable et inégalitaire, doit être amendé .

Incontrôlable car, pareil à une centrale nucléaire qui échappe à ses exploitant, les effets de ses crises financières à répétitions sont à même de dévaster n'importe quelle économie et d'engendrer de terribles conséquences sociales.

Ecrire que le système libéral est inégalitaire est un pléonasme. Même si il a permis des avancées en termes d'accès de certains pays très mal lotis à des standards de vie plus décents, il ne cesse de creuser les écarts entre les plus riches et les plus pauvre, laminant même au passage les classes moyennes.

La responsabilité des futurs dirigeants politiques est donc moins de favoriser l'expansion de l'économie ultra-libérale, que de percevoir et d'amplifier les nouvelles formes de production, d'échange et de consommation qui se font jour un peu partout dans le monde.

Comment, face à cette profonde réévaluation des modèles macro-économiques, faire confiance à des élites dont la vision du monde reste façonnée par des instances comme le G8 ou le Forum de Davos ?

Quelle écoute portent-elles aux théories d'Amartya Sen ou aux thèses du développement durable ? Ont-elles la capacité d'accomplir cette révolution copernicienne consistant à choisir d'autres indicateurs que le trop réducteur PIB ?

Sans en faire une attaque ad hominen, comment pouvait-on faire confiance à un candidat dont le train de vie était aussi lié aux profits de ce type d'économie ?

Oui, le retrait de la candidature de DSK laisse encore une chance au Parti Socialiste d'être le champion du "Peuple de Gauche" …

23 novembre 2009

Calaméo

Ce site de publication en ligne Calaméo présente les documents sous une forme assez agréable à lire.

J'ai publié cinq titres :

• un court essai sur le racisme "scientifique" de Louis-Ferdiand Céline,
http://www.calameo.com/books/000017349d6f39dc42072

• un essai ( à compléter) sur Flaubert et la recherche des sources,
http://www.calameo.com/books/00001734998baddabbc7a

• un recueil de poèmes intitulé "Bribes I".
http://www.calameo.com/books/0000173498618ea6e0f2a

• un second recueil intitulé "Bribes II"
http://www.calameo.com/books/00001734947a2361867cd

• un essai sur la poésie intitule " La poésier, affaire de raison ou d'émotion ?"
http://www.calameo.com/books/000017349527c07aa8848


Si le cœur vous en dit …

* J P M *

17 février 2009

Combien de temps l'orgueilleux Cheval restera-t-il cabré ?

Notre réflexion part souvent d'une bribe d'information mais, bon sang, que celle-ci fait sens !

On pouvait lire dans le Monde daté du 16 février 2009, que Ferrari, la marque au Cheval cabré, annonçait une facturation record pour 2008 avec 6.587 véhicules livrés.

Alors que les classes moyennes réfrénent leurs habitudes de renouvellement quadriennal d'automobiles et que les plus défavorisés d'entre nous sont souvent tenus d'abandonner ce moyen de transport, une grosse poignée de privilégiés du système économique persistent à s'offrir les jouets les plus coûteux : voitures, bateaux, jets privés et j'en passe.

Une image du déséquilibre instauré par un capitalisme sans freins m'est venue à l'esprit. Rappelez-vous cette scène du film Diva où Richard Bohringer développe un énorme puzzle à même le sol. On voit, dans le décor, un gadget qui fit fureur en son temps : un bac rempli d'eau colorée, simulant le mouvement d'une vague marine.

Si l'on peut rêver d'un juste équilibre travail-capital, représenté par une mer étale, une vague menaçante, se dressant de toute sa hauteur et prête à déferler, symbolise, à mes yeux, la situation actuelle. La plus grande partie des revenus du travail et la totalité des revenus du capital alimentent une masse de super-privilégiès, toujours plus nombreux (les statistiques économiques le démontrent) mais dont les bases mêmes sont aussi fragiles que celles d'une masse d'eau instable.

Sans l'appeler de leurs vœux, nombreux sont ceux qui appréhendent la fin brutale de cet "ordre" économique.

Peu l'envisagent sous la forme d'une révolution mondiale, un Grand Soir planétaire. Mais plusieurs signes de révoltes localisées, capables de mettre à mal des régimes stables, comme les émeutes de la faim en Egypte, au Maroc, en Indonésie… montrent l'existence de foyers à même d'enflammer, par contagion, les riches plaines des pays nantis.

A ce titre, les événement actuels des Antilles pourraient bien déboucher sur une crise d'une autre ampleur qu'un simple mécontentement local.

16 décembre 2008

Le cas Céline : un écrivain génial, un raciste détestable !

Lecteur assidu de l'œuvre célinienne, j'ai éprouvé le besoin, comme bien d'autre admirateurs de l'écrivain, de comprendre les raisons de son antisémitisme forcené.

Après recensement de plusieurs sources, j'ai commis cet essai en 2005:



Vos commentaires seront appréciés.

* J P M *

8 décembre 2008

A quoi rèvent les passagers de la ligne 14 ?




























Cet "instantané", comme on dit dans le jargon photographique, s'apparente au courant de la Photographie humaniste. On entend par là, le regard tendre, non agressif, non voyeur, que pose le photographe sur les gens. C'est la voie initiée par les Doisneau, Brassaï, Boubat, Ronis et bien d'autres.

Les scènes sont celles de la vie quotidienne, sans fureur, sans emphase et, de préférence, sans pathos. L'antithèse en quelques sorte du cliché-choc destiné a susciter l'angoisse ou le malaise chez le spectateur.

Je photographie souvent dans les transports en commun en m'efforçant respecter le droit à l'image des personnes. Par exemple : ne pas prendre de visages de face, ni en gros plans.

Ce cliché de passagers dans une rame de la ligne 14 en est une bonne illustration. Il faut savoir être discret. Pas de longue mise en scène, pas de longs tâtonnements pour trouver le meilleur cadre mais un shoot à l'instinct. Au boîtier de se débrouiller pour la mise au point et le temps de pose !

Sur mon compte Flickr, un album est dédié à ce type de clichés.

13 octobre 2008

Main paresseuse …

En relisant les précédents messages postés, je m'en veux d'avoir délaissé la tenue de ce blog !

Pour me justifier j'ai eu à choisir entre la photographie et l'écriture.

C'est l'écriture qui a pâti de ce choix …

* J P M *

15 juillet 2008

Géré qui ?

Bronislav Geremek a perdu la vie le 13 juillet dans un accident de voiture en Pologne.

Il se rendait à Bruxelles où il siégeait comme euro député.

Quelle place les médias français ont accordé à cette disparition ? Quasiment aucune !

L'Europe vient de perdre l'un de ses intellectuels les plus emblématiques et aucun hommage particulier sur les chaînes de télévisions. Si c'est comme ça que l'on construit le sentiment d'appartenance à la communauté européenne, alors la route est encore bien longue …

* J P M * 15 juillet 2008.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bronis%C5%82aw_Geremek

26 juillet 2007

Je déclare sur l'honneur …

L'honneur, ou mieux, l'Honneur ! Une notion obsolète ?

Avant de développer mon propos, il n'est pas inutile de rappeler la définition qu'en donne le TLFi -Trésor de la Langue Française informatisé- :

“ Principe moral d'action qui porte une personne à avoir une conduite conforme (quant à la probité, à la vertu, au courage) à une norme sociale et qui lui permette de jouir de l'estime d'autrui et de garder le droit à sa dignité morale. ”

Toutes les expressions employées semblent renvoyer à des veilles lunes : " principe moral", "probité", "vertu", "dignité morale" …

« De quoi qui causent ? Quek ça veut dire "principe moral" ? »

On entend d'ici les ricanements (silencieux) de ceux pour qui ce concept est littéralement lettre morte.

J'ai éprouvé le besoin de gloser sur ce thème après avoir entendu à la radio une brève qui m'a laissé pantois.

C'est à propos du trafic qui s'est instauré autour de la négociation des points du permis de conduire sur Internet. J'ai appris qu'un lucratif commerce consiste à s'accuser d'être le conducteur de la voiture "flashée" en excès de vitesse. Bien sûr, les conséquences d'un retrait de permis peuvent être sévères pour une personne dont la voiture est l'outil principal de son activité professionnelle. Mais chercher à écarter à tout prix la responsabilité de ses actes ne témoigne pas d'un grand sens moral.

La culture de l'automobiliste de base étant connue, ce n'est pas cette volonté d'échapper à la sanction qui m'a fait réagir.

Voici le meilleur. Vous avez donc la possibilité de contester le retrait de points sur votre permis de conduire en adressant à qui de droit une requête stipulant le nom de la personne qui était, selon vos dires, au volant de votre véhicule.

Simple formalité administrative ne donnant lieu à aucune enquête a priori, vu la masse considérable des infractions constatées.

Vous établissez donc votre déclaration " sur l'honneur" selon la formule consacrée.

Et là, force est de contaster que, pour certains, cette idée d'Honneur est complétement démonétisée.

L'administration s'étant inquiétée du nombre élevé de ce type de contestation, s'est livrée à des enquêtes plus approfondies et livré à la Presse quelques cas croustillants.

C'est ainsi qu'un conducteur de Ferrari n'a pas hésité à déclarer "sur l'honneur" qu'au moment du flash fatal c'était sa grand-mère qui était au volant !

D'une part c'était un fieffé imbecile de penser que les services de police gobent qu'une dame agée puisse conduire ce bolide à grande vitesse et c'est surtout un de ces individus pour lesquels la valeur du mot Honneur est inversement proportionnel au mépris qu'il affiche pour la "norme sociale" à laquelle fait référence la définition de cette ntion, décidément bien désuète.

Jean-Paul Margnac

28 janvier 2006

Bis repetita placent …


Saluons la généreuse donation de l'empereur du logiciel en faveur de la lutte contre la tuberculose. Au Forum mondial de Davos, Bill Gates vient en effet d’annoncer un don de 900 millions de dollars pour financer un ambitieux programme d'éradication de la maladie. Cette initiative coordonnée par l’OMS se déroulera sur dix ans et engloutira 56 milliards de dollars. A cette occasion, les gazettes nous ont fait savoir que la fondation Bill et Melinda (Mme Gates) a déjà distribué 6 milliards de dollars pour des actions sanitaires à destination des pays « pauvres ».

Je ne polémiquerai pas sur les motivations humanitaires de l’homme le « plus riche du monde » ni sur l’insolente capacité pour quelques individus d’engranger des fortunes atteignant le budget annuel de maints états. Je ferai simplement remarquer que la lutte contre la tuberculose (on pourrait tout aussi bien évoquer la lutte contre la misère et l’habitat insalubre) n’est pas une nouveauté.

J’ai encore le souvenir très vif du petit écolier que j’étais en 1946 faisant la douloureuse expérience du porte à porte pour fourguer à des sans cœur ses carnets de timbres antituberculeux !

Car, dans les années trente et quarante, cette maladie de la misère frappait encore très fort dans notre belle France.

Dans le livre XI de son Séminaire Jacques Lacan raconte une anecdote* qu’il situe à l’époque de ses vingt ans (vers 1920), en Bretagne. Jeune médecin, il participe à une sortie en mer dans la modeste barque d’un pêcheur. Il note à propos de son compagnon : « Il est, comme toute sa famille, disparu très tôt du fait de la tuberculose, qui était à ce moment là la maladie ambiante dans laquelle toute cette couche sociale se déplaçait ».

On peut se rappeler que, peu de temps auparavant,en 1918, le jeune Fernand Destouches parcourait la Bretagne pour le compte de la Fondation Rockfeller avec mission d’éradiquer cette maladie.

Le futur Céline avait été engagé comme conférencier. Le zèle sans faille qu’il témoigna dans la lutte impitoyable contre le bacille de Koch lui valut d’être remarqué par le docteur Follet, son futur beau-père. Cette heureuse rencontre offrit au jeune Destouches, jeune invalide de guerre, de passer son bachot et d’accéder ainsi aux études de médecine.

La suite est connue …

Si l’histoire se répète, la manne de l’Homme le plus riche du monde nous vaudra peut-être d’ici quelques années un nouveau météore artistique.

Au moins, nous aurons la satisfaction de savoir que nos contributions financières répétées d’utilisateurs de Windows auront servi, outre à la prophylaxie de la maladie, à enrichir le patrimoine culturel mondial !

* Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Seuil. P. 88.

25 janvier 2006

Mais où on va comme ça ?!

C'est un dessin humoristique. Un technocrate pilote un train qui file très vite, genre TGV. Sur son flanc est marqué "Progrès". Le seul passager, pas rassuré, interpelle le pilote : "Mais où on va comme ça ?!" et le technocrate de lui répondre : " Du calme ! On ne va pas tarder à le savoir vu qu'on y va de plus en plus vite !" …

J'ai relevé dans le Figaro économie du 17 janvier* quelques chiffres qui m'ont irrésistiblement fait penser à ce "train de progrès".

Intitulé Energie, la consommation s'emballe en Asie, l'article cite des faits inquiétants.

Il est rappelé que les cinq milliards d'habitants qui vivent dans les pays dits émergents, consomment en moyenne deux barils de brut par an et par personne. Ce chiffre d'élève à 18 barils/an dans nos pays "avancés". Le calcul est vite fait.
Que la Chine et l'Inde doublent leur consommation, c'est à dire passent de deux à quatre barils (ce qui reste encore très loin de nos 18 barils) et la demande mondiale s'accroîtra de 85 millions de barils par jour soit 31 milliards de barils par an. Comment assurer alors que la production/consommation actuelle s'établit autour de 25 milliards de barils/an ?

Devant ces chiffres, on comprend à quel point la préservation des approvisionnements en pétrole pour la Chine et l'Inde est un enjeu stratégique de première grandeur.

L'énergie, ce n'est pas un scoop, deviendra à court terme une préoccupation obsessionnelle tant pour les gouvernants que pour les citoyens.

Le Japon montre la voie. Tributaire à 96% de l'étranger pour la couverture de ses besoins énergétiques, il a fait de la chasse au gaspillage énergétique une cause nationale. En quelques années le pays du soleil levant affiche des résultats probants. Pour produire 1 Euro de richesse, il utilise 30% d'énergie de moins que la France ou l'Allemagne, trois fois moins que les Etats-unis, et huit fois moins que la Chine.

Alors, Gaspi, notre gentille mascotte des économies d'énergie devra faire une bonne cure de vitamines pour nous remotiver à bloc.

* Article signé Sixtine Léon-Dufour.