C'est un dessin humoristique. Un technocrate pilote un train qui file très vite, genre TGV. Sur son flanc est marqué "Progrès". Le seul passager, pas rassuré, interpelle le pilote : "Mais où on va comme ça ?!" et le technocrate de lui répondre : " Du calme ! On ne va pas tarder à le savoir vu qu'on y va de plus en plus vite !" …
J'ai relevé dans le Figaro économie du 17 janvier* quelques chiffres qui m'ont irrésistiblement fait penser à ce "train de progrès".
Intitulé Energie, la consommation s'emballe en Asie, l'article cite des faits inquiétants.
Il est rappelé que les cinq milliards d'habitants qui vivent dans les pays dits émergents, consomment en moyenne deux barils de brut par an et par personne. Ce chiffre d'élève à 18 barils/an dans nos pays "avancés". Le calcul est vite fait.
Que la Chine et l'Inde doublent leur consommation, c'est à dire passent de deux à quatre barils (ce qui reste encore très loin de nos 18 barils) et la demande mondiale s'accroîtra de 85 millions de barils par jour soit 31 milliards de barils par an. Comment assurer alors que la production/consommation actuelle s'établit autour de 25 milliards de barils/an ?
Devant ces chiffres, on comprend à quel point la préservation des approvisionnements en pétrole pour la Chine et l'Inde est un enjeu stratégique de première grandeur.
L'énergie, ce n'est pas un scoop, deviendra à court terme une préoccupation obsessionnelle tant pour les gouvernants que pour les citoyens.
Le Japon montre la voie. Tributaire à 96% de l'étranger pour la couverture de ses besoins énergétiques, il a fait de la chasse au gaspillage énergétique une cause nationale. En quelques années le pays du soleil levant affiche des résultats probants. Pour produire 1 Euro de richesse, il utilise 30% d'énergie de moins que la France ou l'Allemagne, trois fois moins que les Etats-unis, et huit fois moins que la Chine.
Alors, Gaspi, notre gentille mascotte des économies d'énergie devra faire une bonne cure de vitamines pour nous remotiver à bloc.
* Article signé Sixtine Léon-Dufour.
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