18 janvier 2006

Auditions des acquittés d'Outreau : ACCABLANT !

Aujourd'hui, 18 janvier, les heureux téléspectateurs de la Chaîne parlementaire (LCP), scotchés devant leur poste, en ont pris plein la gueule toute la journée !
Ils ont assisté en direct aux auditions des acquittés du sinistre procès d'Outreau. Ces hommes et ces femmes, toujours accablés par les épreuves subies, ont pu librement s'exprimer devant les membres de la commission parlementaire chargée d'éclairer les innombrables dysfonctions de l'appareil judiciaire.
En écoutant les dépositions j'ai eu le sentiment d'une bombe médiatique dévastatrice explosant la bonne conscience des citoyens irréprochables que nous sommes tous.
Pourtant, je ne fais pas parti des plus naïfs. Combien de témoignages ont déjà été fournis sur les comportements de certains fonctionnaires de police et sur l'inhumanité du système judiciaire et carcéral.
Mais voir de ses yeux comment quatorze innocents ont été broyées par une machine folle, voir qu'aucun régulateur n'a pu l'arrêter, pire, que tout allait dans le sens de l'emballement, montre qu'il y a quelque chose de pourri dans le royaume de notre Justice.
Car enfin, même si on peut imputer au juge d'instruction une rigidité pathologique dans le déploiement de son "intime conviction", pourquoi l'institution, avec ses mécanismes de contrôle, n'a-t-elle jamais été en mesure de déceler les évidentes incohérences du dossier ?
Cette audition restera probablement un modèle du genre.
Ce fut d'abord un grand moment de télévision. Car au-delà du sentiment de révolte qu'il a spontanément suscité, il a déclenché en retour notre profonde compassion, de celle qui nous atteint de plus en plus rarement devant la détresse télévisuelle d'autrui.
J'ai eu aussi le sentiment que ces auditions apaiseront les douleurs des victimes, leurs ressentiments et leurs légitimes haines ( bien que presque jamais ce sentiment ne soit passé dans leurs paroles). Savoir qu'ils ont été entendus par les représentants de leurs concitoyens est à coup sûr un grand réconfort.
Dans un décor clair, ouvert, sans agitation inopportune, le président de séance a laissé à chacun un temps de parole suffisant pour lui permettre tout à la fois de faire le récit détaillé de ses tribulations et d'évacuer l'émotion qu'il ressentait presque toujours à leur évocation.
La densité des témoignages et des situations rapportés ne peut pas se résumer en quelques lignes. Ce travail exemplaire d'investigation donnera lieu, c'est certain, à de multiples analyses et synthèses.
Formons le vœu qu'il contribue à réformer le "meilleur système judiciaire au monde" …

* J P M *

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