Avec les auditions des acquittés d'Outreau, la Chaîne Parlementaire LCP fait un tabac. Confidentielle, marginale par rapport aux ténors du PAF, elle tient avec la commission d'enquête parlementaire sur " L'Affaire dite d'Outreau (et la) recherche des causes des dysfonctionnements de la justice et formulation de propositions pour éviter leur renouvellement" un formidable booster d'audimat.
La première diffusion de l'audition des treize acquittés a suscité une telle émotion, une telle prise de conscience de la faillite (ponctuelle espérons-le !) du système judiciaire, que son retentissement a été immédiat, tant dans les medias que dans l'opinion.
Ceux qui ont pu suivre les auditions en direct n'en sont pas sortis indemnes. Pour ma part, je suis resté de longues heures devant ma télé, subjugué à la fois par l'évidence du gâchis judiciaire, la détresse des victimes, l'inhumanité du système judiciaire.
L'acharnement du magistrat instructeur de ne retenir que les éléments à charge, mis en lumière par des témoignages croisés, les conditions des gardes à vue et des incarcérations… bref, tous les ingrédients d'une tragédie des temps modernes.
Ces premières impressions, j'ai essayé de la transcrire dans mon blog précédent sur Outreau.
Depuis, j'ai assisté à la retransmission en différé (jusqu'à deux heures du matin) de l'audition des avocats. Avec ces professionnels du droit on est allé au cœur du fonctionnement du système judiciaire. C'était, une fois de plus, accablant pour l'institution.
La vertu de ces grands moments de télévision c'est de confronter les citoyens de base avec une réalité qu'il connaissent mal : le fonctionnement intime et quotidien de la Justice. On se rend vite compte que ses grands principes sont constamment foulés au pieds.
La fameuse présomption d'innocence n'a de consistance que dans les beaux discours proférés à l'occasion des rentrées solennelles des cours d'appel ou de la cour de cassation. Dans les faits, dès la mise en examen, tout concours à charger la barque. La plupart des gardes à vue consistent à accumuler des charge et à recueillir l'aveu, récompense ultime des enquêteurs, la "reine des preuves" comme l'ont rabâché des générations de magistrats.
On sort de ces débats argumentés, techniques, sereins, avec la certitude que nous devons faire progresser la Justice de notre pays. Aucune institution n'est coulée dans la bronze. Il a quand même fallu de grandes crises et des hommes généreux pour que l'institution judiciaire évolue au fil des siècles dans le sens d'une plus grande humanité. Voltaire et l'affaire Calas, Zola et Dreyfus, Badinter et l'abolition de la peine de mort restent des modèles. Pourquoi devrait-on s'arrêter en route ? A ce titre, l'initiative de la Chaîne parlementaire et de la Commission devrait donner l'impulsion nécessaire à une salutaire évolution des dispositions législatives, sinon des mentalités …
Pourquoi ce titre limite : " Vous avez aimé Outreau I … " ?
Alléchés par ces prémisses, les téléspectateurs de LCP attendent avec une intense curiosité l'audition (la comparution ?) du magistrat instructeur devant la commission. Décidément, ces austères séances sont aussi palpitantes que des épisodes de Dallas !
* J P M*
PS Il y a déjà une référence au procès d'Outreau sur Wikipédia et de nombreuses entrées sur le site de CNN. Outreau a déjà dépassé l'Hexagone !
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